Karaté : « World Tour » d’un jeune Senseï / Partie 2

Publié le : 21/08/2018 12:51:24
Catégories : Actualités , Karate

Karaté : « World Tour » d’un jeune Senseï / Partie 2

Nous l’avions quitté il y a deux semaines au Chapas, dans le Sud du Mexique, en provenance du Panama, du Venezuela et du Guatemala, en partance pour les Etats-Unis. Depuis, Houston, Dallas et Orlando l’ont accueilli avant qu’il ne revienne dans sa Belgique natale pour repartir dans la foulée en Grèce. Junior Lefèvre, 39 ans, parcourt le monde depuis la fin juin pour dispenser sa passion à travers une vingtaine de stages. 2e chapitre de ses pérégrinations : son étape US et les « summer camps » avec ses copains Georgios Tzanos et Alexandre Biamonti.

Par Ludovic Mauchien

Lundi 23 juillet. Junior Lefèvre quitte le Mexique pour le Texas. Il vient de vivre la 6e étape de son « World Tour 2018 », une vingtaine de stages dans une douzaine de pays différents. Dans la foulée de l’Amérique Latine, il séjourne 4 jours aux Etats-Unis, le temps d’enseigner à Houston, Dallas et Orlando.

Le samedi 28 juillet, il quitte les US pour retrouver son « home sweet home » et son copain Senseï, le Grec Georgios Tzanos qui a commencé leur « Summer Camp » à Liège, dans son club, sans lui. Le temps d’une douche et d’une petite sieste et le voici de nouveau sur les tatamis pour deux nouvelles journées de stage intense.

La semaine sera tranquille. Juste deux cours dans son Dojo, qui ne ferme pas l’été. Puis le week-end du 4-5 août arrive. C’est le temps du 1er camp d’entraînement avec Alex Biamonti.

Dès le lundi 6, il s’envole pour la Grèce, pour l’Île de Cos précisément, où se déroule la 2nde partie du « Summer Camp » avec Georgios Tzanos. Deux jours d’entraînement de haut niveau avec des membres d’équipes nationales, au terme desquels nous l’avons joint. Champion du monde en en 2002, multiple médaillé mondial et européen à l’aune du XXIe siècle, Junior Lefèvre, aujourd’hui 6e Dan, s’est mu en Senseï. Il nous fait partager ses expériences au fil des semaines, qui sont à « absolument refaire, bien sûr ! Je ne me lasse jamais de voyages comme ceux-là, même si cela est fatiguant, même s’il n’y a pas eu beaucoup de repos mais, en tant que prof, tu te dis que tu effectues un travail qui aide les gens à s’améliorer. Tu donnes ta petite part. Pendant des années, tu as reçu l’enseignement. C’est ton rôle, en tant que prof, de savoir redonner »…

Houston

« Le premier club où je me suis rendu a été créé il y a un an et demi par un ressortissant vénézuélien. Vu la situation économique là-bas, certains partent aux US pour ouvrir des clubs. Il y avait une quarantaine de personnes au cours. Ce n’était pas un entraînement de masse pour une question de place. Aux Etats-Unis, les Dojos ne sont pas très grands. En fait, le club de Karaté peut se retrouver au milieu d’autres « shops », au même titre qu’un Starbucks. Ils louent les locaux et, comme c’est un espace commercial et non un centre de sport ou une école, c’est très cher.

Ils gagnent beaucoup leur vie avec « l’after school ». Ils vont chercher les enfants à l’école. Ils les emmènent au club où ceux-ci font d’abord leurs devoirs puis ensuite 1 heure de Karaté. C’est pour cela qu’ils ont une voiture où tu peux mettre 12 personnes ! (il rit). Au niveau Karaté, c’était assez pauvre. Mais bon, le travail doit se faire. C’est aussi pour cela que l’on m’appelle, pour faire monter le niveau ».

Dallas

« Du 1er club, on a fait la route jusqu’à Dallas, où je suis allé chez le président du Karaté du Texas, un monsieur très gentil. Le niveau était pas mal. Il y avait deux membres de l’équipe nationale qui étaient présents.

Ce qui était bien, c’est que ma venue fait que les gens ont eu envie de travailler un peu plus ensemble. Parce qu’aux Etats-Unis, en général, il y a des conflits de Dojos, de styles, etc, qu’on ne retrouve pas autant en Europe. Chez nous, quand quelqu’un organise un stage, tu y vas sans trop te poser de questions. Là-bas, ils sont plus réticents si le stage est organisé par une organisation opposée. Ma venue étant neutre, cela a permis de faire une certaine union ».

Orlando

« Je suis ensuite parti en Floride pour deux jours où Senseï Alejandro Navarro a fait construire un superbe Dojo ! Franchement, il a mis le paquet ! Parquet japonais et, dessus, tatamis approuvés par la WKF. Il a aussi le concept « after school ». Le Dojo est moderne mais il garde toujours son cachet traditionnel.

Aux Etats-Unis, je dois adapter ma façon de faire. Tu ne peux pas leur parler de la même manière, tu ne peux pas les toucher de la même manière… Cela peut prendre des proportions… Tu dois fait super attention à la façon dont tu dis les choses, à ne pas toucher les enfants, aux contacts… ».

Liège

« Ca fait drôle ! (il rit) J’étais complètement décalé. Mais je devais prendre la suite de Giorgios Tzanos à notre « summer camp » organisés dans mes locaux à Liège. J’ai atterri et, grosso modo 2 h après, je donnais des cours. Je suis allé chez moi me doucher et me reposer un peu, et j’ai commencé le stage.

La semaine qui a suivi, j’ai recommencé à donner des cours au club puisque, chez nous, on a décidé de garder deux cours par semaine durant l’été. Le week-end suivant, j’ai donné des cours avec Alex (Biamonti). Il y avait des gens de New York d’origine dominicaine, dont certains sont membre de l’équipe nationale, des membres de l’équipe roumaine… C’était fun de pouvoir donner cours un peu plus normalement (il sourit). En plus avec Alex ! C’est un super gars. A chaque fois que l’on travaille ensemble, on se dit que l’on se ressemble très, très fort dans la manière de donner cours et de pratiquer. On a pas mal de choses similaires ».

Ile de Cos, Grèce

« Le dimanche 5 au soir, à la fin du stage avec Alex, j’ai pris l’avion pour la Grèce, direction l’Île de Cos, pour la 2e partie du « summer camp » avec Tzanos. On était une petite centaine. Il y avait des Bulgares, des Anglais, des Norvégiens, l’équipe nationale d’Espagne, des Suédois, des Croates... On avait pas mal de beau monde. C’est quelque chose que l’on va développer. Les « summer camps » que l’on fait en Belgique sont de super haute qualité mais c’est beaucoup d’entraînement et pas beaucoup de vacances. Ici, à Cos, tout va bien. Il y a tout ce qu’il faut. On s’entraîne 4h à 4h 30 par jour. Le reste du temps, c’est vacances. Tu récupères, tu es au soleil, tu vas à la plage, tu t’amuses… On recharge les batteries ! Je m’accorde 2 jours de repos. Je repars vendredi pour donner la 2e partie de stages avec Alex à Liège ».

A suivre…

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