Karaté : Championnats d’Europe Salim Bendiab « Pas avoir de regrets »

Publié le : 02/05/2016 15:39:09
Catégories : Actualités , Karate

Karaté : Championnats d’Europe Salim Bendiab « Pas avoir de regrets »

Salim Bendiab
« Je ne veux pas avoir de regrets »

Quadruple champion de France, 3e à l’Open de Paris en janvier, Salim Bendiab est dans les start pour ces Championnats d’Europe à Montpellier (5-8 mai). A 26 ans, va-t-il enfin connaître la consécration qu’on lui promet ? Seul lui détient la réponse. Et il ne veut pas avoir de regrets…

Par Ludovic Mauchien

 

Suite aux Mondiaux de Brême, à l’automne 2014, Salim Bendiab n’était plus dans les petits papiers de l’équipe de France. Il en a profité pour se refaire une santé en se coupant du haut niveau. Un break de plusieurs mois synonyme de bouffée d’air, de régénérescence. Il effectue un retour gagnant dès les Championnats de France 2015.

Depuis ? Une étincelante victoire à la Coupe de France en décembre dernier, une belle 3e place à l’Open de Paris en janvier et un nouveau sacre national, son 4e d’affilée, début avril, sans coup férir, si ce n’est une contrariante blessure au genou.

Plus affûté que jamais, plus dense physiquement (il a pris 7 kg de muscle et pèse désormais 95-96 kg, pour 1,92 m), le Bendiab nouveau est arrivé. S’agit-il du grand cru promis ? En tout cas, l’heure de vérité est venue. A 26 ans, le sociétaire de Condé-sur-Escault va-t-il enfin accrocher cette médaille internationale qu’on lui promet depuis son titre de champion d’Europe Espoirs en 2011 ?

 

A quelques jours des Championnats d’Europe, la pression doit monter…

Je me sens bien mais j’avoue que l’événement me stresse un peu quand même car j’ai envie de bien faire. Je sens que je peux aller au bout. Maintenant, cela dépend de moi, de la façon dont je vais entamer la compèt…

Je n’ai rien à perdre. J’ai la chance d’être sélectionné, de combattre en compagnie des meilleurs. J’ai la chance de pouvoir essayer d’être l’un de ceux-là. A moi de saisir cette chance.

Ca me stresse, mais, d’un autre côté, je me relaxe en me disant que c’est une chance. Si je deviens champion d’Europe, tant mieux. Si cela n’arrive pas, j’aurais essayé. Je ne veux pas avoir de regrets, car j’en ai pour certains championnats. Je vais vraiment tout donner.

 

Lesquels as-tu ?

Je garde encore des regrets des Mondiaux à Brême. Je perds contre un mec moins fort que moi (l’Espagnol Vizuete Fernandez, finalement 3e). Aux Championnats d’Europe qui les ont précédés, c’était la même histoire.

Je n’ai plus envie d’avoir de regrets. Si je dois perdre, c’est que mon adversaire sera plus fort que moi, et non parce que je n’étais pas bien ou je ne sais quoi d’autre.

 

Le fait que ce soit à Montpellier contribue-t-il à ce stress ?

C’est motivant, cela booste mais ça ajoute aussi du stress car on a envie de bien faire devant son public. On sait que l’on va avoir les amis, les proches… C’est quand même une bonne source de motivation. J’ai connu ça à Lille, en plus petit, pour la Coupe de France (en décembre dernier). Cela serait bien de faire la même chose (il rit). C’est ma compétition de référence cette saison, avec les Championnats de France.

 

A ces derniers, bien que victorieux, tu t’es blessé (fissure au ménisque et rupture partielle des ligaments internes du genou). Cela ne t’a-t-il pas (trop) coupé dans ton élan ?

Ca va. Ce n’était pas une rupture totale des ligaments. Du coup, j’ai récupéré pendant 15 jours. Cela m’a logiquement coupé un peu dans mon élan. J’étais bien lancé. Il aurait fallu que je bosse sur certaines choses, notamment le cardio. Du coup, j’ai travaillé le haut du corps, vu que je ne pouvais pas courir, ni faire de Karat’. J’ai été retardé dans mes projets pour le cardio. C’est un peu embêtant mais je me suis bien rattrapé ces deux dernières semaines. Du coup, ça va. J’ai repris de la caisse.

 

C’est donc un Salim Bendiab à 100% que nous allons voir à Montpellier ?

Certains mouvements me font encore mal, notamment quand je pousse fort ou quand ma jambe blessée est devant et qu’il y a un choc au sol. C’est ma fissure qui provoque ça. Du coup, je gère. Mais je fais des combats et je m’entraîne normalement. Et, puis, apparemment, je suis toujours plus fort blessé. C’est mental. On fera un strap et tout ira bien. Je n’aurai pas le choix de toute façon.

 

Que crains-tu le plus, tes adversaires ou toi-même ?

Moi-même. Dans d’autres championnats, comme les Mondiaux de Brême, je perds contre un mec moins fort. C’est aussi moi, ça ! Même s’il y a eu, selon moi, quelques erreurs d’arbitrage, j’aurais dû gagner le combat. J’aurais dû gérer.

Donc, à Montpellier, mon premier adversaire sera moi-même. Les autres ? On ne peut jamais savoir avec le Karaté. Tout est jouable. Pour exemple, aux Championnats d’Europe 2014, on avait fait des prévisions, des pronostics, avec Yann (Baillon) en regardant le tirage au sort.

On s’était dit : « je passe le 1er tour tranquille puis je tombe contre Maniscalco. Ensuite, je dois me taper Horne en ½ finale et Erkan en finale ». Résultat : Maniscalco perd au 1er tour contre le Bosniaque qui me bat au 2e tour. Puis Horne perd en ¼ contre Atamov. Et quand tu vois ce dernier qui est tout petit, tu te dis qu’il ne va jamais battre l’Allemand ! Bref, on oublie les pronostics et on va au combat. J’ai déjà battu Atamov, pas encore Horne et, avec Erkan, on en est à un partout.

 

Est-ce que ce serait une délivrance d’être sacré champion d’Europe ?

Oui ! Une grosse délivrance. Cela fait un petit moment que j’attends. Je commence à avoir « l’âge de gagner ». J’ai disputé deux Championnats d’Europe et un Championnat du monde en individuel. Il est temps ! J’ai déjà 26 ans. Cela se joue maintenant.

C’est un titre que je veux vraiment remporter. Je pourrais ensuite passer à autre chose. Je pourrais viser les « Monde ». Même si remporter les Championnats du monde sans être le meilleur en Europe, c’est faisable. Erkan fait 3e aux « Europe » en 2012 et il devient champion du monde ensuite. Mais si on peut le faire dans l’ordre, c’est mieux…

 

 

 

 

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