Karaté / Championnats d’Europe Lucie Ignace « Il ne reste plus qu’à… »

Publié le : 05/05/2016 10:30:59
Catégories : Actualités , Karate

Karaté / Championnats d’Europe Lucie Ignace « Il ne reste plus qu’à… »

Lucie Ignace
« Il ne reste plus qu’à… »

Dire qu’elle n’apprécie guère être la favorite, que cela la stresse un tantinet. Mais elle fait tout pour ! C’est bien simple, en 2015, elle a tout raflé : Championne d’Europe, vainqueurs des 1ers Jeux Européens, médaillée d’or aux Jeux Mondiaux ! C’est donc en favorite que la Réunionnaise Lucie Ignace, 23 ans, se présente aux Championnats d’Europe qui débutent le 5 mai à Montpellier. Et elle se sent fin prête… 

Par Ludovic Mauchien à Montpellier

Elle aura mis un an à s’habituer à sa nouvelle catégorie de poids. Championne du monde et 3e des Championnats d’Europe 2012 en -55 kg, elle a opté pour les -61 kg en 2014. Bingo ! Après une saison d’adaptation, Lucie Ignace est repartie de l’avant. Championne d’Europe au printemps, vainqueur des Jeux Européens et médaillée d’or aux Jeux Mondiaux durant l’été, elle est au firmament, à seulement 23 ans.

A Montpellier, devant ses amis, son père chéri et son petit ami venus spécialement de La Réunion, elle fait figure de favorite, une position qu’elle n’apprécie guère mais à laquelle elle s’est habituée…

 

Comment vas-tu ?

Ca va. J’ai hâte de combattre. Je me sens bien. Je suis en métropole depuis 3 semaines. J’ai fait le stage de cohésion avec l’équipe de France et, sinon, je me suis entraînée avec Olivier (Beaudry) au Pôle France de Châtenay-Malabry. J’effectue 2 entraînements par jour, préparation physique ou entraînement perso le matin et, le soir, c’est un entraînement collectif.

 

Comment t’entraînes-tu quand tu es à La Réunion ?

Je m’entraîne dans mon club, 6 jours sur 7. Je fais des entraînements d’1h30 à 2h. Ils sont plus basés sur le Karaté. J’aime bien travailler seule avec mon entraîneur (Georges Hafizou). Je corrige ce que j’ai à corriger. Je progresse plus que quand je suis en entraînement de masse.

 

Quel a été ton programme depuis l’Open de Paris en janvier ?

Je n’ai pas été beaucoup à La Réunion, deux semaines maxi. J’ai disputé l’Open de Rotterdam, que j’ai gagné, ainsi que les Championnats de France que j’ai aussi remportés.

 

Tu as fini par éliminer la concurrence (Lolita Dona, Leïla Heurtault)…

Le parcours de sélection a commencé dès septembre. J’avais à cœur de partir fort et de décider de mon avenir d’entrée de jeu. J’ai gagné l’Open d’Allemagne en septembre puis j’ai fini 2e en Autriche. Même si je n’ai rien fait à l’Open de Paris, au vu de mes résultats et de ceux de la concurrence, je savais que j’avais pris les choses en main et que je pouvais préparer les Championnats d’Europe.

 

Comment les abordes-tu ? Le fait d’être la championne en titre ajoute-t-il une pression supplémentaire ?

En fait, j’ai beaucoup d’appréhension. Je n’aime pas avoir le statut de favorite. Je n’aime pas qu’on se focalise sur moi, même si cela est normal qu’on pointe la gagnante de l’année précédente. Je le fais aussi. Mais cela me stresse un peu de penser qu’on le fait à mon propos.

Je me suis psychologiquement préparée depuis février. Je me suis mis en tête que je serai aux « Europe » et qu’il faudra que je sois solide, que je supporte la pression et que je fasse du bon travail. Je me sens prête. Et j’ai envie de bien faire.

 

En pensant aux Championnats du monde en filigrane ?

Je prends chaque compétition très au sérieux et je procède étape par étape. Ces Championnats d’Europe à Montpellier sont très importants pour moi. Déjà parce que j’ai envie de conserver le titre, faire un doublé mais aussi de gagner à la maison. Cela fait partie de la préparation mais c’est une étape à part entière très importante.

 

As-tu progressé dans ton approche mentale des compétitions ? Gères-tu mieux ton stress ?

J’ai commencé une préparation mentale après l’Open de Paris car j’ai vu que cela n’allait pas trop bien. J’avais du mal à dissocier ma vie professionnelle de ma vie sportive. Je ne savais pas si je devais faire un choix, s’il fallait que je continue dans ce sens...

Ce que je faisais jusqu’alors n’était pas trop cohérent. On me disait que je n’allais pas suffisamment au travail (au Conseil départemental de La Réunion). Je me posais beaucoup de questions.

 

Que t’a apporté cette préparation mentale ?

Elle me permet de prendre beaucoup mieux les choses. Et aussi, à force de faire des compétitions, je les aborde de mieux en mieux. Je sais à peu près ce que je dois faire, comment je dois me préparer… Je suis au poids depuis une semaine. Ca, c’est un vrai progrès. Je pense que j’ai plutôt bien géré ma préparation. Il ne reste plus qu’à…

Partager ce contenu

PayPal