Judo / Cyrille Maret Un bronze qui fait plaisir

Publié le : 16/09/2016 11:54:41
Catégories : Actualités , judo

Judo / Cyrille Maret Un bronze qui fait plaisir

Ses pleurs et son bonheur en ont ému plus d’un. Sa médaille est celle de l’abnégation et du courage. Certes, elle n’est pas en or mais elle en possède des reflets. 10 ans après son titre mondial chez les Juniors, Cyrille Maret a remporté la médaille de bronze des -100 kg aux JO de Rio, le jour de ses 29 ans. Un joyeux anniversaire que le champion a voulu partager.

Par Ludovic Mauchien à Rio

 

« Cyrille, c’est quand même « Happy Birthday », même si c’est le bronze ??? »… « Ouais, et je voulais que vous chantiez tous ensemble… »… Et c’est ainsi que les bénévoles de la Carioca Arena 2 ont connu leur plus grande hallucination de la quinzaine olympique. Ils ont eu une vision d’un autre monde, un brin ubuesque : Une quinzaine de journalistes entonner dans la zone mixte un « Joyeux anniversaire » pas piqué des hannetons.

Et cela, à la demande humoristique du Maestro donc. Quand Cyrille Maret demande quelque chose, vous avez plutôt tendance à lui faire plaisir… Il mesure 1,89 m pour 100 kg, il est taillé comme un bûcheron et il est gentil, trop même, disent certains, persuadés que le Français n’est pas assez méchant sur le tatami.

« Cyrille est un excellent Judoka. Je l’ai vu faire des trucs que peu de lourds maîtrisent. C’est sans conteste le meilleur de sa catégorie », affirme l’un de ses compagnons en équipe de France. Mais… Champion du monde Juniors en 2006, en même temps que son grand ami Teddy Riner, le Dijonnais ne compte que 3 médailles de bronze européennes et aucune breloque au niveau mondial 10 ans après. Un palmarès que beaucoup juge déséquilibré au regard de la qualité de son Judo.

Point de malchance dans tout cela, ou un brin éventuellement. En 2015, aux Championnats du monde, Cyrille Maret estime même qu’il commet une « faute professionnelle » face au Japonais Haga et surtout contre le Belge Nikiforov, qui lui coûte la médaille (il termine 5e).

 

« Je me suis fait plusieurs scénarios… »

 

Vainqueur pour la 3e fois du Grand Slam de Paris en début d’année, il apparaît en forme. Mais les doutes surgissent à nouveau suite à son élimination dès les 8e de finale aux Championnats d’Europe fin avril, par le Néerlandais Korel.

Il repart au feu fin mai et glane la médaille d’argent au Masters. A Guadalajara, le Français domine un certain Krpalek en ½ finale avant de s’incliner en finale contre l’Azerbaïdjanais Gasimov. Le Japonais Haga, champion du monde en titre, n’est pas là. Il n’est plus sorti depuis sa victoire au Grand Slam de Tokyo en décembre.

C’est le quarté gagnant. Il était annoncé. Il sera à l’arrivée. Si Gasimov, épargné par le tirage, se la joue seul dans son tableau et parvient en finale, Cyrille Maret devra livrer une finale avant l’heure. Ce sera en ½ contre Krpalek, tombeur de Haga en ¼.

Mais le Bourguignon est dominé et finit par tomber. Un 1er Waza-ari encaissé au sol puis une immobilisation à 11 secondes de la fin. Ippon ! Cyrille Maret ne sera pas champion olympique. « Je me suis fait plusieurs scénarios dans ma tête et, je me suis dit que si je repartais sans breloque le jour de mon anniversaire, cela aurait pu être vraiment très difficile pour moi ».

 

« Une saveur particulière »

 

Dans quel état d’esprit le Français va-t-il revenir pour son combat contre l’Allemand Frey pour le gain du bronze ? La réponse ne tarde pas à venir. Ippon au bout d’une minute ! Cyrille Maret est médaillé olympique ! Et le colosse se met à pleurer ! « J’étais venu pour chercher l’or. Je l’ai annoncé plusieurs fois. Je n’ai pas de grand titre. Je n’ai que des médailles. Je n’ai pas réussi à débloquer le compteur aux championnats du monde d’Astana (août 2015), où j’avais vraiment l’occasion d’aller chercher cette médaille d’or. Mais cette médaille de bronze olympique a une saveur particulière. A 29 ans, il ne va pas me rester beaucoup d’Olympiade. C’était ma première en tant que titulaire. Il y a de très grandes chances que ce soit ma dernière ».

C’était en tout cas le clap de fin pour Philippe Taurines, dit « Toto », son entraîneur en équipe de France depuis de très nombreuses années, qu’il a bien évidemment tenu à saluer : « Avec tout ce que l’on a vécu ensemble, je lui devais bien ça ! », souriait le champion. « Je me devais de lui ramener cette médaille olympique. Autant pour lui que pour moi, c’est une belle sortie sur ces Jeux. Je suis vraiment heureux d’avoir rapporté cette médaille à la France, à mes amis, à ma ville Dijon. Je remercie toutes les personnes qui ont participé à mon projet, ma petite amie, mes parents, mon club l’ACBB, la SNCF qui m’accompagne au quotidien… Cela fait du bien de savoir que l’on est entouré. C’est aussi grâce à eux que j’ai pu aller chercher cette médaille ». Un gars bien, ce Cyrille Maret. Et si cette médaille de bronze était le déclic tant attendu pour aller chercher l’or aux prochains Mondiaux ? 

Partager ce contenu

PayPal