Judo : Clarisse Agbegnenou « J’ai vu une brèche… mais non ! »

Publié le : 16/09/2016 11:11:05
Catégories : Actualités , judo

Judo : Clarisse Agbegnenou « J’ai vu une brèche… mais non ! »

C’était sa 6e finale internationale en 4 ans ! Sa 3e contre la Slovène Tina Trstenjak. Mais la belle ne lui a pas souri. Aux JO, Clarisse Agbegnenou s’est de nouveau inclinée, comme l’an passé aux Mondiaux, piégée au sol.

Trstenjak a remporté le 9 août à Rio, outre le titre olympique des -63 kg, son 3e succès de rang face à la Française, après 3 revers initiaux. 6-6, balle au centre. Agbegnenou vs Trstenjak, c’est « the » duel ! En joue !

Par Ludovic Mauchien à Rio

 

La vie se joue à deux. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Rien n’est plus captivant qu’un duel haletant, qui se joue dans le temps. Une opposition de haute volée où deux champions tentent de se plumer. Une adversité à décoiffer un curé. Avec Clarisse Agbegnenou et Tina Trstenjak, on a matière à s’extasier.

Même s’il convient de ne pas oublier l’Israélienne Yarden Gerbi, 3e des JO de Rio, championne du monde 2013 et 2e en 2014, ou l’Allemande Martyna Trajdos, championne d’Europe 2015, les deux patronnes qui captivent l’attention et l’émotion, les deux meilleures -63 kg de la planète, ce sont la Française et la Slovène.

15 médailles en championnats internationaux à elles deux en une Olympiade, dont 6 en or et 5 argent ! L’une et l’autre, l’une contre l’autre, elles se sont même partagé 3 finales (Championnats d’Europe 2014, Mondiaux 2015 et JO 2016).

Leur 1er affrontement, en avril 2014, en était déjà une. C’était celle des Championnats d’Europe à Montpellier, conclue par une victoire de Clarisse Agbegnenou. Celle-ci va enchaîner un 2e succès dans la foulée, lors de la ½ finale de la compétition par équipe. Puis elle va de nouveau s’imposer en ¼ de finale des Championnats du monde 2014, dans sa route vers le titre.

 

« J’ai beaucoup travaillé sur Trstenjak »

 

La Française mène alors 3-0. Mais Tina Trstenjak va trouver la clé pour la verrouiller. La tendance va s’inverser. En 2015, la Slovène trouve l’ouverture. Elle s’impose en finale du Grand-Prix de Zagreb sur Ippon (immobilisation au sol déjà) puis en finale des Mondiaux, la 3e d’affilée pour la Française (Waza-ari).

A l’entame des JO de Rio, Clarisse Agbegnenou mène donc 3 victoires à 2. Mais c’est la Slovène qui mène la danse. Championne du monde et championne d’Europe (titre conquis en avril, en l’absence d’Agbegnenou, forfait), elle fait logiquement figure de favorite et la Française l’a logiquement identifiée comme poison n°1. « J’ai beaucoup travaillé sur Trstenjak, comme sur toutes les autres d’ailleurs, mais particulièrement sur elle », assurait-elle.

Après s’être facilement débarrassée de la Turque Katipoglu en 8e de finale (Ippon), de la Néerlandaise Van Emden en ¼ (Ippon) puis, très difficilement, de la Japonaise Tashiro en ½ (Shido), Clarisse Agbegnenou retrouve la Slovène en finale. C’était écrit !

 

« J’aurais dû mieux tenir sa 2e jambe »

 

Ce qui l’était moins, c’était la suite… La Française se fait surprendre à mi-combat. Elle est piégée au sol. Immobilisation. Ippon !… « Je n’ai pas été assez patiente. J’aurais dû laisser le temps couler, laisser la fatigue arriver. J’ai vu une brèche. Je pensais que cela allait passer mais non. Je suis ressortie une fois. J’aurais dû mieux tenir sa 2e jambe mais elle a réussi à la ressortir et, après, je n’avais plus de force pour ressortir de son immobilisation. Et j’ai perdu ».

Echec et mat ! La Slovène a frappé fort. Elle a cumulé le fond et la forme, la médaille avec la manière. Il va être compliqué d’aller la déloger de son piédestal. Mais…

Elle a 26 ans. Mais la Française en a seulement 23. C’était ses 1ers Jeux Olympiques. Elle a su parvenir en finale avant de commettre une « erreur tactique », dixit Ahcène Goudjil, son coach à Argenteuil. Une erreur de jeunesse ?

Clarisse Agbegnenou a largement le temps pour reprendre les clés de la caté. Championne du monde 2014, vice-championne du monde 2013 et 2015, championne d’Europe 2013 et 2014 (3e en 2012 et 2015), et désormais vice-championne olympique 2016, elle en a aussi assurément le talent.

« Je suis à la fois contente et vraiment déçue, parce que ce n’est pas celle que j’attendais », expliquait la Française en zone de presse, quelques instants après son podium à Rio. « Mais c’est vraiment beau d’avoir une médaille d’argent aux JO ». Seuls 10 Judokas tricolores y sont parvenus avant elle. La dernière en date ? Lucie Decosse, 2e à Pékin en 2008 et… championne olympique en 2012. Assurément un exemple à suivre !

 

 

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