3 Da Costa, 4 finales

Publié le : 11/04/2017 10:19:36
Catégories : Actualités , Karate

3 Da Costa, 4 finales

1er titre pour Steven, 2e pour Logan et 1ère finale pour Jessie. Les frères Da Costa, également vainqueurs par équipe, ont marqué ces Championnats de France organisés à Orléans (8-9 avril).

A un petit mois des Championnats d’Europe (4-7 mai en Turquie), il était intéressant de voir où en étaient les internationaux. Bilan mitigé. Des 5 titulaires en équipe de France, seuls 2 ont gagné.

Côté clubs, l’AS Sarcelles (5 podiums en individuel) et, donc Mont Saint-Martin (3 podiums), les deux clubs qui se sont retrouvés en finale par équipe, se détachent.

 

Par Ludovic Mauchien à Orléans

-60 kg

Adam Jacqueray sort du bois

On attendait avec intérêt le duel entre les 2 leaders de la caté. Il est survenu en ½ finale. Sofiane Agoudjil, champion de France 2014 et 2016, et Johan Lopes, lauréat en 2015 et ancien titulaire en équipe de France, ont attendu la dernière minute du combat avant de se lâcher. Agoudjil l’emporte finalement 3-1.

Dans l’autre ½ finale, c’est la nouvelle génération qui s’est mise en exergue avec une opposition entre deux Espoirs, Kevin Azouz, légèrement favori, et Adam Jacqueray. Mais c’est ce dernier, grâce à un beau Yoko Geri claqué en fin de combat, qui sa s’imposer (2-1).

La finale : Le vice-champion d’Europe Sofiane Agoudjil est le favori logique à sa propre succession. Mais il se fait surprendre d’entrée par la vista du jeune Adam Jacqueray (0-2). Obligé de se découvrir, Agoudjil revient dans un 1er temps (1-2) mais se fait magnifiquement contrer par deux fois. Score final : 4-1 pour Adam Jacqueray qui, à 21 ans, s’octroie un 1er titre de champion de France.

1. Adam Jacqueray (ACS Cormeil)

2. Sofiane Agoudjil (CACV)

3. Lyes Babaci (KC Joeuf) et Kevin Azouz (Impact KC)

 

La décla du champion

« Je suis très heureux ! C’était ma 1ère finale en championnat de France Seniors. C’est le travail accompli toute l’année qui paie. J’ai eu un début d’année assez compliqué. Je voulais finir en beauté. J’ai abordé ces championnats avec beaucoup d’envie et de détermination. Avec Sofiane, nous sommes coéquipiers au CREPS. C’est toujours assez compliqué vu que l’on s’entraîne ensemble. C’était mon jour (il rit) ».

 

 

-67 kg

Steven Da Costa, première !

Evidemment, logiquement, Steven Da Costa et Marvin Garin devait se retrouver en finale, comme lors des deux dernières éditions.

Mais si Steven Da Costa s’est baladé (10-0 en 46 secondes au 1er tour notamment) avant de s’imposer 3-1 en ½ finale face à Ghilas Matoub, de son côté, Marvin Garin s’est fait peur en ½ finale face à Alexis Raspilair. Il menait 3-0 avant d’encaisser un Mawashi à l’ultime seconde (3-3). Les juges ont ensuite été unanimes à son endroit (5 drapeaux pour lui).

La finale : les deux internationaux se connaissent par cœur. Mais Steven Da Costa réservait une petite surprise au champion de France en titre. Point de spectacle, de tentatives un peu folles dont on raffole. Le Lorrain avait décidé de faire sobre pour glaner son 1er titre Seniors. Face aux attaques de jambe de Garin, le Lorrain misa sur ses contres en poing. 4-1 au final. Rien à dire. Le meilleur a gagné.

1. Steven Da Costa (Mont Saint-Martin)

2. Marvin Garin (AS Sarcelles)

3. Ghilas Matoub (AS Sarcelles) et Alexis Raspilair (KC Condé)

 

La décla du champion

« C’est mon 1er titre de champion de France Seniors. Cela fait plaisir, sachant que l’année dernière, j’ai perdu en finale contre Marvin. Il fallait que je prenne ce titre, surtout à un mois des « Europe ». J’ai essayé de faire 2-3 derniers réglages. Il fallait que j’engrange de la confiance. C’est bien. J’ai été sérieux dans mes combats. Je n’ai pas fait le spectacle en finale contre Marvin. Je ne pouvais pas me le permettre face à lui. C’est un très bon combattant. J’ai été obligé d’être sérieux. Sur tous les combats, je suis décontract’. Je me dis que cela ne changerait rien de me mettre la pression. Il faut que je fasse le boulot, c’est tout. »

 

 

-75 kg

Logan Da Costa en champion

A l’instar de l’échelon international, la caté des -75 kg en France, c’est du lourd. Mais, au bout de la journée, ce sont les deux leaders présumés qui se sont retrouvés en finale.

Logan Da Costa, le tenant du titre, était en verve et n’a pas lâché beaucoup de points. Il a, par contre, lâché ses Mawashi et ses Yoko au corps tour après tour. En ½ finale, mené 1-0, il a dû s’employer quelque peu face à Marc-Alexis Rouret et c’est sur un Yoko qu’il s’est offert le droit de disputer la finale face à Corentin Séguy, qui lui a été préféré en équipe de France pour le prochain Euro en Turquie (4-7 mai).

Corentin Séguy, de son côté, est venu à bout de Maxime Relifox en ½ finale (2-0) en gérant avec expérience son combat.

La finale : Plus qu’une simple finale, ce combat était une question d’honneur, de fierté et d’orgueil. La raison ? La préférence des sélectionneurs pour Séguy (20 ans), au détriment de Da Costa (24 ans), pour représenter la France aux prochains Championnats d’Europe en -75 kg.

Il aurait fallu que le plafond s’écroule sur lui pour que Logan Da Costa lâche l’affaire… Mené 0-1 puis 1-2, le Lorrain revenait à hauteur puis piquait à bon escient sur un Gyaku (3-2) avant d’attaquer Séguy sur un enchaînement Mawashi/Kizami. 4-2 ! Le petit regard jeté par Logan Da Costa en direction de la table des sélectionneurs en disait long sur sa satisfaction…

1. Logan Da Costa (Mont Saint-Martin)

2. Corentin Séguy (Spartan Kombat sports)

3. Marc-Alexis Rouet (Dojo Lantonnais) et Maxime Relifox (AS Sarcelles)

 

La décla du champion

« Ah oui, je le voulais ce titre ! C’est une petite revanche personnelle, je ne vais pas le cacher (il a perdu sa place de titulaire en équipe de France au profit de Corentin Séguy, son adversaire en finale). Il fallait que je montre que c’est moi le leader. J’ai effectué beaucoup de travail depuis le début de la saison, surtout depuis l’Open de Paris. Il y a eu une grosse, grosse remise en question. J’ai mis beaucoup de choses en place pour réussir à revenir à ce niveau.

J’ai abordé la finale comme tous les autres combats. Tous les combats sont des finales. Je me méfie de tout le monde mais je ne crains personne. Je suis content mais… Ce n’est que les « France ». Cela fait peut-être prétentieux de dire cela mais je préfère faire une médaille d’or aux Championnats du monde ou aux Championnats d’Europe ou aux K-1. J’étais plus heureux à Rotterdam (il a gagné). Cela a été mon vrai retour dans la caté. »

 

 

-84 kg

Grillon en patron

Kenji Grillon vs Jessie Da Costa. Il était difficile d’espérer une plus belle finale. Et les deux internationaux se sont fait fort d’être au niveau. Grillon, champion de France 2015 et 2016, pour lequel ces championnats constituaient une compétition de reprise suite à sa blessure contractée à l’Open de Paris, n’a finalement pas eu à puiser dans ses réserves. En ½ finale, il est venu à bout du Normand Cecina (5-2).

De son côté, Jessie Da Costa, vainqueur de la Coupe de France en décembre, a fait le boulot sereinement. En ½ finale, il dominait l’ancien international Tanguy Aubertin sans forcer son talent (3-1).

La finale : Deux générations pour une place. Mais Jessie Da Costa devra encore attendre un peu car Kenji Grillon n’a pas l’intention de lâcher l’affaire. Retour de blessure ou pas, l’expérience est là. Et elle a payé. Le scénario ? On l’a vécu des dizaines de fois. Kenji Grillon pique une 12ère fois. IL mène et, ensuite, se fait un plaisir de contrer en gérant bien la distance et, surtout, le timing. 2-0, 3-1 puis 4-1 au final. Et un 4e titre pour le Val d’Oisien. Pas mal pour un retour de blessure, après 2 mois et demi d’absence !

1. Kenji Grillon (AS Sarcelles)

2. Jessie Da Costa (Mont Saint-Martin)

3. Sally Diop (Puteaux) et Farouk Abdelessem (Arles)

 

La décla du champion

« Ces championnats, pour moi, c’était l’inconnu. J’ai eu deux semaines et demi de Karaté à cause de ma blessure au pied (double arrachement osseux) que j’ai contractée à l’Open de Paris. Je n’avais pas trop de repères. J’étais prêt physiquement. Après, par expérience, on sait que rien ne remplace la compétition.

J’ai pris tour par tour. Un championnat, on le sait, cela se joue à l’orgueil. Il faut laisser ses tripes. Il n’y a pas de question à se poser. Il n’y a pas d’excuse à se donner. C’est ce que j’ai fait aujourd’hui, tour par tour, avec sérieux. C’est passé. Je suis content. Mais je n’oublie pas que mon objectif n°1, ce sont les Championnats d’Europe. Je me sens bien. Maintenant, il faut que je continue à monter pour aller chercher la médaille aux Europe. »

 

 

+84 kg

Jacquet entre en scène…

Le couperet est tombé ! Salim Bendiab, champion de France depuis 2013, était attendu au tournant. Il n’a pas répondu présent, éliminé en ¼ de finale par le jeune Dnylson Jacquet, champion d’Europe Juniors en 2016 et médaillé mondial en 2015, à l’issue d’un combat très serré (5-5, 3-3 aux drapeaux).  

En ½ finale, le Manceau, 19 ans, a continué sur sa lancée et s’est offert le scalp d’Ablaye Diop, tombeur de Mickaël Serfati au tour précédent.

L’autre ½ finale opposait deux Espoirs, Ilyes Klouz, membre de l’équipe de France, et le champion de France des -21 ans, le Stéphanois Faadel Boussag. C’est ce dernier qui a tiré son épingle du jeu en plaçant une magnifique canne au gong.

La finale : Dnylson Jacquet a tout du futur grand. Il l’est déjà par la taille et par la ligne qu’il a écrit à Orléans. 1ère participation à un championnat de France Senior, 1er titre. Et avec la manière ! Ou plutôt avec l’expérience qu’il n’est pas supposé avoir à 19 ans. Face à Faadel Boussag, le Manceau a parfaitement géré : 1-0 puis 2-0. L’affaire est dans le sac.

1. Dnylson Jacquet (Samouraï 2000 Le Mans)

2. Faadel Boussag (Dojo stéphanois)

3. Salim Bendiab (KC Condé) et Mehdi Lakehal (AS Sarcelles)

 

La décla du champion

Dnylson Jacquet

« Je ne me rends pas compte ! Ce sont mes 1ers Championnats de France Seniors individuels. J’ai réussi mon coup ! Je vais avoir 19 ans. Que demander de mieux ? C’est parfait. En plus, je suis blessé à une côte. Je ne me suis pas entraîné depuis une semaine. J’ai juste fait deux entraînements en fin de semaine qui ont suffi à me mettre en confiance. Aujourd’hui, ce que j’ai appris, c’est que les adversaires, ce ne sont pas les autres, mais c’est soi-même. Je travaille beaucoup sur moi, pour avoir confiance en moi afin d’être fluide, relâché et ne penser à rien d’autre que la compèt. Bien sûr que cela donne des idées pour l’équipe de France Seniors. Pourquoi pas ? C’est ce que je vise bien entendu. Je reviens de loin. J’ai un passé difficile. J’ai arrêté le sport pendant 2 ans. J’ai repris fin 2011. Mon rêve est de faire des résultats à l’international. »

Partager ce contenu

PayPal