Michael Chandler : « Affronter les plus grands »

Michael Chandler : « Affronter les plus grands »

Publié le : 14/11/2016 10:40:02 Catégories : Actualités , MMA

Au Bellator 165, Mickaël Chandler effectuera son 8e combat pour une ceinture ! Il en a perdu 3, il en a gagné 4, dont le dernier en juin 2016 face à Patricky Freire (KO 1er round), où il a reconquis la ceinture des 70 kg, trois ans après l’avoir perdue.

Le 19 novembre, il va la défendre face à l’ancien champion du WEC et de l’UFC, Benson Henderson. Nous avons rencontré Mickaël Chandler à New York, quelques semaines avant son combat. Lutte, UFC vs Bellator, Will Brooks… Le champion se découvre.

 

Par Ludovic Mauchien

 

Il fut l’un des tout meilleurs lutteurs de sa génération aux Etats-Unis, un pays où ce sport est l’un des rois. Au lycée comme à l’Université, il s’est brillamment illustré (NCAA All Honor…). En 2009, à 23 ans, une fois ses études de gestion financière achevées, Mickaël Chandler s’est lancé dans le MMA avec le même succès.

Il remporte ses 6 premiers combats, au Strike Force et au Bellator, avant la limite ! Au total, il reste invaincu pendant 12 combats. En novembre 2011, au Bellator 58, il s’est même emparé de la ceinture des poids légers (-70 kg), dominant Eddie Alvarez par soumission au 4e round.

C’est ce dernier qui va lui infliger sa 1ère défaite à son 13e combat. Au Bellator 106, en novembre 2013, Alvarez prend sa revanche et reprend la ceinture (sur décision).

Mickaël Chandler repart à l’assaut du titre dans la foulée mais enregistre les 2 autres défaites de sa carrière (pour 15 victoires, dont 13 avant la limite). Par 2 fois, en 2014, il s’incline face à Will Brooks, sur décision et par TKO 4e round.

Depuis, Mickaël Chandler a enchaîné par 3 succès marquants : soumission au 1er round contre Derek Campos, KO 2e round contre David Rickels et, ceinture en jeu, KO 1er round contre Patricky Freire en juin dernier. Le 19 novembre, c’est un champion au faîte de sa forme qui va affronter un sacré client, l’ancien champion du WEC et de l’UFC, l’Américain Benson Henderson.

 

« J’aimerais vraiment affronter Thompson »

 

Quel(s) combattant(s) voudrais-tu absolument affronter à l’avenir ? Will Brooks ?

Will Brooks est désormais à l’UFC, donc… Ce que je souhaite le plus est d’affronter les plus grands noms, quels qu’ils soient. Celui que je vois aujourd’hui en priorité, c’est Ben Henderson. Je suis très emballé à l’idée de combattre contre lui.

Ensuite, si j’ai le choix, j’aimerais vraiment affronter George Thompson, car on a une histoire à terminer (le vétéran du Pride de l’UFC, 38 ans, a signé au Bellator en 2015). On était supposé se rencontrer mais il s’est retiré.

Une fois que je les aurais affronté tous les deux, je me verrais bien combattre face à un jeune, une valeur montante. Cela ne me dérangerait pas non plus de rencontrer Patricio Freire. Je ne suis pas opposé à l’idée de monter en -80 kg… Il y a plein de combats possibles. Je suis très excité.

 

Quelle est ta priorité pour l’avenir : continuer à défendre ta ceinture du Bellator ou combattre à l’UFC ?

L’UFC m’a contacté à plusieurs reprises depuis quelques années. Il est certain que c’est une plus grosse organisation que le Bellator. Mais j’ai un très bon niveau de vie au Bellator. Je suis capable d’assumer financièrement mes besoins et d’économiser pour l’avenir. Le Bellator a su se montrer suffisamment généreux à mon égard pour me garder. Selon moi, dans les 5 prochaines années, vous allez voir l’UFC encore grandir mais aussi le Bellator. L’ensemble de notre sport, le MMA, va se développer.

 

« Je suis conscient de ma chance »

 

L’UFC est tout de même plus prestigieux, non ?

Je pense qu’il y a un malentendu, que les gens se font une fausse idée qui consiste à croire que si un combattant est au Bellator, c’est parce qu’il n’est pas assez bon pour combattre à l’UFC. C’est faux !

J’ai eu la possibilité de signer à l’UFC à 2 occasions. Mais j’ai resigné avec le Bellator pour le double d’argent que ce que la plupart des gars touchent.

Parfois, je me verrais bien combattre à l’UFC, à d’autres moments, je me dis que je suis très heureux au Bellator. En fait, mon cœur balance. C’est un peu comme des montagnes russes.

 

Qu’est-ce qui te fait vibrer dans le MMA, dans la Cage ?

En fait, je trouve que ma vie est très sympa. Pour exemple, comme pour cette occasion, je viens à New York 3-4 jours. Je fais des trucs sympas avec des gens cool. Je fais un shooting photos sympa (pour adidas). J’ai l’occasion de vivre plein de choses super que beaucoup de gens rêveraient de vivre.

En quoi consiste mon travail ? Je m’entraîne. Je mets mon corps à rude épreuve pour atteindre un objectif : être au top physiquement. Pour quoi faire ? Pour combattre sur Spike TV devant des millions de téléspectateurs. Et je suis très bien payé pour le faire. Ce qui est important, c’est d’être capable de rivaliser avec ses adversaires.

J’ai la chance de pouvoir vivre cela. Je me dois de tout faire pour être à la hauteur. Je refuse catégoriquement l’idée de me dire un jour, en regardant ma carrière, « j’aurais dû en faire plus ».

C’est ça, ma grande force, c’est de là d’où vient ma motivation. Je suis conscient de ma chance et j’essaie d’en profiter, de la prendre comme un jeu. Je suis toujours très excité par ce qui m’attend à l’avenir.

 

« Je ne me suis jamais aussi bien senti »

 

Tu as 30 ans. Te considères-tu encore comme un jeune combattant (étant donné que tu as commencé le MMA en 2009) ?

Je pense que je suis encore… J’ai effectué 18 combats dans ma carrière. Je suis logiquement plus mature, plus expérimenté et plus intelligent en combat. Mais, en fait, je sens que je commence seulement à atteindre mon potentiel.

J’arrive juste à mon sommet. Je ne me suis jamais aussi bien senti. Je suis plus rapide, plus puissant. Mon corps est en parfaite condition. Je n’ai jamais été aussi excité. Je ne m’imagine pas une seule seconde arrêter ma carrière bientôt.

J’ai toujours dit que je vais essayer d’aller jusqu’à 35 ans. Je ferais alors un vrai bilan de mon état de forme. Je verrais comment mon corps réagit. Il est trop tôt pour le savoir. Pour l’instant, je me vois encore continuer un bon moment, ce qui fait que je suis encore un jeune combattant.

 

Tu viens de la lutte, dans laquelle tu t’es illustré. As-tu suivi le tournoi olympique de Rio cet été ?

Oui, bien sûr. Les Jeux Olympiques, c’est toujours un grand moment de sport. Je les ai suivis et c’était super. Mais la lutte ne bénéficie pas d’autant d’exposition médiatique que certains autres sports. Je suis quand même parvenu à suivre quelques combats. J’étais très content que les Etats-Unis remportent une médaille d’or chez les hommes. Et un copain avec lequel je combattais à l’université a terminé médaille de bronze. C’était cool.

 

« J’aime combattre durement »

 

Aurais-tu aimé participer aux JO ?

Quand je suis devant ma télévision à regarder les Jeux, je me dis que cela doit être extraordinaire d’y participer. Mais, quand je pense au nombre d’heures d’entraînement que cela nécessite, rien que pour postuler à la sélection américaine pour, ensuite, éventuellement se qualifier pour les JO… Je crois que la vie que j’ai choisie, pour moi comme pour ma femme, est beaucoup plus viable que celle d’un lutteur.

Etre lutteur aux Etats-Unis… Je l’ai été à l’université. Tu as ton coach, tu t’entraînes dur pendant des heures et des heures, tu vas disputer des tournois et tu gagnes trois fois rien. Ces gars le font par passion pour leur sport.

Personnellement, je préfère les Arts Martiaux Mixtes. Je m’éclate à faire ce que je fais et je gagne très bien ma vie.

 

Quel a été le plus difficile, techniquement parlant, quand tu es passé de la Lutte au MMA ? 

J’ai rapidement intégré les techniques de frappe et celles de Grappling. Mais plus que la technique, c’est surtout sur la condition physique et l’aspect mental que cela se joue. C’est le plus difficile. En Lutte, vous combattez 7 minutes. En MMA, un combat standard représente plus du double de temps. Il dure 15 minutes. Et si vous combattez pour la ceinture, cela dure même 25 minutes.

J’ai dû apprendre à gérer le rythme, à trouver le bon. J’aime combattre durement. Je suis très agressif. J’ai appris à ne plus avancer continuellement et à partir comme un fou. Mon corps ne peut pas supporter 15 ou 25 minutes à un rythme effréné. J’ai appris quand il fallait que je laisse venir, à quel moment il fallait que j’avance…

Cela m’est arrivé, pendant un combat, de me sentir fatigué. Vous pouvez tenter toutes les techniques que vous voulez, aucune ne passe si vous êtes trop fatigué. Etre à fond pendant 7 minutes en Lutte est beaucoup plus facile que combattre pendant 3 rounds de 5 minutes.

 

« Choyer ma femme »

 

En dehors du MMA, quelles sont tes occupations ?

En général, je passe une moitié de l’année en camp d’entraînement. Le reste du temps, je tiens à le consacrer à ma femme. Pendant six mois, je ne suis pas aux petits soins pour elle. Je tiens donc à profiter au maximum de sa compagnie, m’occuper d’elle, la choyer, lui faire plaisir, faire plein de choses sympas avec elle.

Ne croyez pas que la vie d’un combattant est toujours facile. On s’entraîne tout le temps. J’ai manqué beaucoup de mariages ou d’anniversaires d’amis, de Noël en famille. Le sport demande beaucoup de sacrifices.

 

Mickaël Chandler

Né le 24 avril 1986

Pays : USA

Taille : 1,72 m

Catégorie : 155 lbs (70 kg)

Equipe : Power MMA Team

Palmarès. 15 victoires (13 avant la limite), 3 défaites. 2 fois champion du Bellator (2011-2013, 2015-…)

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