Karaté - Junior Lefèvre : « World Tour » d’un jeune Senseï / Partie 1

Publié le : 08/08/2018 11:43:43
Catégories : Actualités , Karate

Karaté - Junior Lefèvre : « World Tour » d’un jeune Senseï / Partie 1

Panama, Venezuela, Guatemala, Mexique. En moins de deux semaines, le Belge Junior Lefèvre a bouclé une série de stages en Amérique latine avant de prendre la direction des Etats-Unis pour transmettre son savoir à Houston, Dallas et Orlando. Pour l’heure, le jeune Senseï belge nous raconte son ressenti et ses découvertes.

 

Par Ludovic Mauchien

L’été est agréablement chargé pour le Belge Junior Lefèvre. Après un détour par le Pays de Galle fin juin puis par la Croatie début juillet, où il était l’un des encadrants du camp d’entraînement de la WKF auxquels environ 1500 jeunes ont pris part, Junior Lefèvre, 39 ans, 6e Dan, a traversé l’Atlantique pour donner une série de stages aux Amériques durant tout le mois de juillet.

Avant d’officier aux US pour cette fin de mois, il a parcouru les tatamis de quatre pays d’Amérique latine, le Panama, le Venezuela, le Guatemala et le Mexique. Il nous raconte ce qui l’a le plus frappé.

Panama

« Après je ne sais pas combien d’heures de vol, j’arrive au Panama où je suis super bien accueilli par la WSKF, une organisation Shotokan. Je suis resté deux jours durant lesquels j’ai donné des stages à une cinquantaine de participants. J’ai eu des élèves de styles différents, Shotokan et Shito, mais tu vois qu’ils sont plus marqués par un travail traditionnel que par le Karaté de compétition. Panama, où il y a beaucoup de buildings genre gratte-ciels, m’a un peu fait penser à Las Vegas. Le stage était donné dans un hôtel où ils ont transformé une salle de conférence en Dojo. Les gens sont partis contents. Certains membres de l’équipe nationale étaient présents car ils se préparaient pour les Jeux Centro-américains et Caraïbes. Après deux jours de travail au Panama, je suis parti avec Senseï Alejandro Castro au Venezuela ».

Venezuela

« Au Venezuela, mon travail était divisé en deux parties. Une partie purement consacrée à l’équipe nationale le matin et, l’après-midi, une partie privée. Le travail avec l’équipe nationale était un régal. Pourquoi ? Parce que le Karaté vénézuélien est d’un niveau assez élevé. On voit pas mal de talents qui, s’ils participent à un championnat d’Europe, pourraient faire des médailles.

Ce qui m’a le plus marqué, c’est le respect qu’ont les jeunes par rapport aux professeurs. Il y a un écart important entre profs et élèves. C’est une forme de respect à la japonaise. C’est quelque chose que je trouve bien dans leur mentalité.

J’ai aussi eu le plaisir de voir l’une de leurs compétitions nationales, la Copa Simon Bolivar. Dans le passé, c’était une compétition internationale mais vu la situation économique, il n’y a plus que des Vénézuéliens présents.

Senseï Alejandro Castro a organisé tout ça de main de maître. La fédération payait une grande partie de mes honoraires, ce qui lui a permis de faire un stage de masse où je donnais mes cours pour l’équivalent de 4 Euros pour les deux jours de cours. Ce qui a fait que, même si la situation est difficile, c’est resté accessible pour la majorité. Résultat : il y avait 200 personnes au cours collectif.

Dans la partie semi-privée, j’ai enseigné à un groupe de 20. Senseï Alejandro a voulu que je m’occupe de gens un peu plus fortunés. Eux payaient bien plus que les 4 dollars, une cinquantaine de dollars, ce qui montre une grande différence au niveau de leur société. Il y a des gens riches et des gens très pauvres, mais pas de classes moyennes.

Au niveau du Karaté, on voit qu’ils ont beaucoup, beaucoup de talent. Je quitte le Venezuela satisfait de mon travail. Avec l’équipe nationale, on a abordé un process de préparation pour Jeux centro-américains et Caraïbes. Je suis certain qu’ils vont être classés ou en finale dans pas mal de catégories. C’est surtout dans les poids légers que le Venezuela se démarque le plus. Il y a Madera, que beaucoup connaissent, mais il est blessé. Le n°2 qui va le remplacer est un très bon athlète. Chez les filles, la -50, -55 et -61 kg sont de très, très bon niveau ».

Guatemala

« Je quitte le Venezuela pour retourner au Panama et, de là, je pars au Guatemala car il n’y avait pas de vol direct. C’est un pays que je découvre. J’ai été agréablement surpris par le climat. Il faisait chaud mais pas trop parce qu’on est à 1500 m d’altitude. C’était donc respirable.

Ca m’a faisait penser à un village d’il y a une centaine d’années. On vit très, très bien au Guatemala. Dans les rues, tu vois des chèvres toutes seules dans la rue. Pourquoi ? Parce que le propriétaire vend le lait aux passants. Que des choses comme ça. Ce sont de petites images qui m’ont fait sourire.

Je suis invité au Guatemala par le président de la fédération, Marco de la Roca. Le stage se passe dans une école. Il y a 40-50 personnes. Il se déroulait sur des tatamis mais à l’extérieur, sous un toit. C’était pas mal. Ce sont des gens très gentils mais, par rapport au Venezuela, on voit que le niveau est nettement plus faible, même si deux ou trois sont de très bons athlètes ».

Mexique

« Du Guatemala, je me rends au Sud du Mexique, dans la Province de Chapas. Bien que le Chapas se trouve à côté du Guatemala, je suis obligé de prendre un vol vers Mexico avant de redescendre. Je me suis demandé si ce n’était pas plus facile par voie terrestre mais on m’a dit que les routes n’étaient pas très sûres, qu’il y avait pas mal de groupes militaires qui attaquaient parfois les passants et surtout ceux qui sont blancs comme moi.

A Chapas, je suis accueilli par la télé et par la presse locale. Je suis passé en live avec mon Kimono adidas à la télévision Canal Bis. Comme j’arrive à parler espagnol assez facilement, c’est plus facile. Dans les pays latins, ils comprennent l’anglais mais n’arrivent pas bien à le parler.

Il y avait pas mal de monde aux stages où je donnais des cours plus généraux à des enfants ou des adultes. Les gens sont très gentils mais le niveau global était moyen. Ils m’ont fait travailler beaucoup plus que les autres. Les autres pays latins ont l’habitude de faire 3h de cours ou deux fois 2h et stop. Ici, c’est 7 heures par jour. C’est assez prenant.

Du Mexique, je pars pour Houston, où je dois donner 2 jours de cours, puis à Dallas pour une journée de cours puis à Orlando pour 2 jours ».

L’Amérique latine

« Le point commun de tous ces pays latins et c’est la raison pour laquelle je fais ce tour, c’est de voir que l’enseignement que je leur donne porte ses fruits. Je vois déjà une évolution par rapport à l’an passé. Et, surtout, je vois ces petites bouilles qui sourient quand je passe. Ca me fait bien sûr plaisir. Pour moi, c’est quelque chose de difficile de quitter ma famille, comme ça pendant trois semaines alors qu’on est en période de vacances. Je pourrais profiter d’aller quelque part avec ma fille. C’est un sacrifice mais quand je vois la gentillesse des gens ici et comment ils réagissent, c’est un sacrifice qui en vaut la peine ».

A suivre…

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