Boxe - Sofiane Oumiha : « Je dois gagner une médaille à chaque tournoi »

Publié le : 22/06/2018 16:38:23
Catégories : Actualités , Boxe

Boxe - Sofiane Oumiha : « Je dois gagner une médaille à chaque tournoi »

Il est le porte-drapeau de la délégation française aux Jeux Méditerranéens qui s’ouvrent aujourd’hui à Tarragone (Espagne). Un honneur pour le vice-champion olympique 2016 et champion du monde 2017. En Héraut, Sofiane Oumiha veut montrer l’exemple : décrocher l’or, comme en 2013. Pour l’heure, il revient sur ses finales olympiques et mondiales, son choix de rester en amateur, ses ambitions…

 

Par Ludovic Mauchien

 

Aux JO de Rio, il a été l’un des héros qui a contribué à la renommée de la Boxe de France. Seulement dominé par le Brésilien Conceiçao en finale, Sofiane Oumiha est passé de l’ombre à le la lumière, du quartier de la Reynerie aux feux de l’Olympie avec cette médaille d’argent des poids légers.

Le plus difficile est de confirmer, paraît-il. Le Toulousain met les points sur les i, si tant qu’il le fallait, à Hambourg le 2 septembre 2017, jour de la finale des Championnats du monde. Coin rouge, Lazaro Alvarez, 26 ans, l’un des surdoués de la boxe cubaine, champion du monde 2011 en poids coq, 3e des JO 2012, double tenant du titre en poids légers. Coin bleu, Sofiane Oumiha, 22 ans, de Toulouse, vice-champion olympique et outsider.

Résultat : décision unanime en faveur du boxeur toulousain, qui devient le 4e Français champion du monde amateur (après Thomas en 2001, Blain en 2003 et Yoka en 2015). Victoire qu’il va confirmer en mai 2018 lors du World Series of Boxing opposant les Fighting Roosters de Paris aux Domadores de Cuba à la salle Wagram. Sofiane Oumiha est aujourd’hui, à 23 ans, le n°1 mondial des poids légers. Il est donc logiquement le favori pour le titre aux Jeux Méditerranéens (25-30 juin pour la Boxe).

 

Quel est ton état d’esprit avant ces Jeux Méditerranéens ? Les considères-tu comme une étape ou un objectif ?

C’est à la fois une étape et un objectif. C’est l’un des objectifs de cette année. A chaque tournoi, je dois gagner une médaille. Et, en plus, les Jeux Méditerranéens, c’était ma première grande compétition chez les Seniors il y a cinq ans. Et j’avais décroché l’or. Mais c’est aussi une étape pour aller remporter l’or à d’autres tournois.

 

Quels souvenirs gardes-tu de ta victoire en 2013 ?

C’est ma première médaille d’or. Je ne connaissais pas le haut niveau. Cette année, j’aborde les Jeux Méditerranéens différemment, avec un autre rôle, et aussi avec tout ce que j’ai appris. J’ai pris de l’expérience depuis 2013. Mais le niveau du tournoi est assez élevé, même s’il n’y a pas tous les meilleurs pays.

 

« Alvarez, je le regarde à la TV depuis tout petit »

 

Qu’est-ce qui a fait pencher la balance dans ta décision de poursuivre jusqu’aux Jeux olympiques ?

C’est un objectif personnel, dans le sens où je cours après l’or olympique. Mais c’est vrai aussi que, dans mon projet sportif, l’idée était de rester en boxe amateur pour pouvoir m’aguerrir, et aussi de me mettre à la WSB (World Series of Boxing) pour m’endurcir. Pourquoi pas passer pro après les JO de Tokyo ? J’aurais 25 ans. Je serai assez mature pour devenir pro.

 

Si je te dis Robson Conceiçao, que cela t’évoque-t-il ? 

La finale olympique contre le Brésilien au Brésil. C’était quelque d’assez extraordinaire… Parce que vivre une finale olympique contre un Brésilien au Brésil… C’est quelque chose de magique. Mais c’est du passé (il rit).

 

Et si je te dis Lazaro Alvarez…

C’est un boxeur que je regarde à la télé depuis que je suis tout petit et je me retrouve face à lui en finale des Championnats du monde ! Puis je le recombats ensuite en WSB (le 18 mai à la salle Wagram). C’était aussi un combat dur et explosif. Ce sont des combats où tu prends en confiance. Tu rencontres vraiment les meilleurs. C’est du haut niveau.

 

C’était important pour toi de rebattre Alvarez (décision partagée) ? 

Je savais que c’était l’un de mes derniers combats avant les Jeux Méd’ (4 combats, 4 succès en 2018). Et je me devais de montrer que ma victoire aux Mondiaux d’Hambourg n’était pas une erreur.

 

« Je ne veux pas me projeter trop loin »

 

Et si je te dis Toulouse ?

C’est ma vie, tout simplement (il rit). C’est là-bas que j’ai grandi, que j’ai vécu, où j’ai appris la boxe. J’ai fait toute ma vie à Toulouse. Tout a commencé là-bas. Et ça continue. J’ouvre mon club. Il s’appellera le « Boxoum ». Je vais essayer de promouvoir la boxe dans ma ville et lui rendre ce qu’elle m’a apportée.

 

Qu’est-ce qui te fait avancer ? 

Mes objectifs. Avoir un objectif et l’atteindre. C’est cela qui pousse chaque athlète : réussir ses objectifs. Aujourd’hui, mon objectif, ce sont les Jeux Méd’. Je verrai ensuite. Je vais procéder étape par étape. Je ne veux pas me projeter trop loin. Après les Jeux Méd’, il y aura l’Union européenne. Et, ensuite, on arrive en 2019 où tout s’accélère, où les qualif’ olympiques vont commencer.

 

Un conseil à un ado ? 

Croire en ses rêves. Mais le truc, c’est aussi de se donner les moyens de pouvoir réussir et aller au bout de son rêve. Il y aura forcément des hauts et des bas dans ce parcours mais, que l’on réussisse ou pas, c’est une expérience à vivre et cela forge le caractère. Donc, croire en ses rêves.

 

Que représente un partenariat avec Adidas pour toi ? 

C’est une satisfaction d’avoir trouvé un équipementier. Cela donne certainement une valeur au sportif. Cela fait un moment que plusieurs équipementiers me suivaient.

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